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éolien offshore

Éolienne offshore

L'installation de fermes éoliennes en mer est l'une des voies de développement de l'éolien, car elle s'affranchit en grande partie du problème des nuisances esthétiques et de voisinage. D'autre part le vent est beaucoup plus fort et constant qu'à terre : un régime de marche de 96% est par exemple estimé en mer du Nord 1). Cette solution permet le développement technique progressif d'éoliennes de très grande puissance.

Ainsi, la production d'électricité éolienne en mer est plus importante qu'à terre à puissance équivalente. On donne couramment comme moyenne 2 500 MWh par MW installé en mer au lieu de 2 000 MWh par MW installé à terre. Dans les zones maritimes géographiquement très favorables à l'éolien, les estimations des études indiquent le potentiel de cas extrêmes de 3 800 MWh par MW installé.

l'Europe

Le potentiel

L’Europe est l’une des zones au monde les plus adaptées au développement de l’éolien offshore, elle dispose d’un espace maritime peu profond, en particulier dans le nord de l’Europe et notamment dans les mers du Nord et Baltique. Ces zones bénéficient par ailleurs d’un fort potentiel en vent. De plus, ces mers sont situées à proximité de la « mégalopole européenne », zone la plus peuplée et la plus consommatrice d’énergie du continent. En France, les sites les plus favorables se trouvent sur les côtes de la Manche et de la Mer du Nord, ainsi que sur la façade Atlantique entre la Bretagne et l’Aquitaine. Cependant, la profondeur relativement importante du fond marin rend plus difficile l’implantation de parcs offshore en Méditerranée et à la pointe de la Bretagne.

Les parcs éoliens offshore

En 2008, 25 parcs offshore sont en service dans cinq pays (Danemark, Royaume-Uni, Suède, Hollande et Irlande), cumulant une puissance installée d’environ 1 100 MW. Ils ne représentent actuellement que 1,8 % de la puissance éolienne installée dans le monde, mais produisent 3,3% de l’énergie éolienne mondiale, en raison de vents beaucoup plus forts que sur les continents.

Le cas du Danemark

L'ensemble des éoliennes (en pleine mer ou terrestres) du Danemark produisent, 23% de l'électricité nécessaire au pays (début 2006). Ce pays est un leader et précurseur dans la construction et l'utilisation de l'énergie éolienne, avec un projet lancé dans les années 1970 pour produire la moitié de l'énergie du pays de cette manière. Alors que les États-Unis ont perdu tout intérêt dans les éoliennes lors de la chute des cours du baril de pétrole après la crise des années 1970, le Danemark a poursuivi ses efforts, et est finalement devenu le premier exportateur mondial de grandes turbines, qui produisent entre 0,66 et 3 MW chacune.

Les plus importants parcs éolien offshore au Danemark sont les parcs d’Horns Rev (80 éoliennes pour 160 MW) et de Nysted (72 éoliennes pour 165,5 MW).

Avantages

  • le gisement éolien est quantitativement meilleur qu’à terre : le vent est souvent plus fort et régulier en mer
  • ce gisement éolien est qualitativement meilleur du fait d’une moindre rugosité de la surface de l’eau comparée à celle des terres
  • les éoliennes peuvent être de plus grande taille et de plus grande puissance (une éolienne offshore peut fournir jusqu'à 5 MW)
  • sur le plan foncier, un seul interlocuteur se présente : le gestionnaire du domaine public maritime (si les éoliennes sont à moins de 12 milles des côtes)
  • moins d'impact sur le paysage terrestre (à la condition qu'elles soient implantées assez loin des côtes)
  • dans les zones où la mer est peu profonde (par exemple au Danemark), il est assez simple de les installer

Inconvénients

  • l'installation d'éoliennes en mer est beaucoup plus coûteuse qu'à terre
    • la fixation des éoliennes sur le fond de la mer est techniquement délicate et onéreuse
    • les frais fixes sont importants (coûts des études, de la mise en place du chantier, du raccordement électrique, de l’exploitation et de l’entretien)
  • le retour d’expériences est nettement plus limité qu’à terre (aucun parc en France ; le premier parc danois a une dizaine d’années ; la puissance installée sur mer à travers le monde représente 1 à 2% de celle installée sur terre)
  • les mâts doivent être étudiés pour résister à la force des vagues et du courant
  • la protection contre la corrosion dû à l'humidité et la salinité (particulièrement importante du fait des embruns) doit être renforcée
  • l'implantation en mer nécessite des engins spécialisés
  • le raccordement électrique implique des câbles sous-marins coûteux et fragiles
  • les opérations de maintenance peuvent nécessiter de gros moyens

Toutes ces différentes spécificités conduisent à la réalisation de grands parcs éoliens, allant de pair avec des impacts pouvant être conséquents.

Évolutions

Augmentation de la puissance

Les projets des futures éoliennes en mer, à l'horizon 2010, visent une puissance de 10 MW unitaire, avec un diamètre de pales de 160 mètres ce qui permettrait de diminuer le coût du kWh produit.

les fondations

La compagnie norvégienne Norsk Hydro, spécialiste dans l'exploitation pétrolière et gazière offshore, développe un concept issu des plateformes pétrolières flottantes. Le principe est de monter l'éolienne sur un caisson flottant en béton (ancré au moyen de câbles, par 200 à 700 m de fond). Ce projet révolutionnerait l'éolien offshore, car il permettrait de ne plus se soucier de la profondeur, et donc d'installer des champs géants (jusqu'à 1 GW de puissance installée) loin des côtes. Cela permettrait par ailleurs de réduire le prix des champs éoliens offshore, en évitant la construction de coûteuses fondations sous-marines.

Couplage a d'autres moyens de production

Une option permettant de réduire le coût d'investissement au kW installé pourrait être à terme de coupler sur le même pylône une éolienne offshore et une ou plusieurs hydroliennes.

La ressource éolienne offshore

Il s'est avéré que les ressources éoliennes offshore sont 5% à 10% supérieures aux premières estimations.

Faible rugosité

Le surface de la mer et des lacs étant très lisses, sa rugosité est très faible à des vitesses de vent constantes. Cependant à des vitesses de vent accélérées, une partie de l'énergie du vent est dissipée à la production de vagues, ce qui en augmente la rugosité. Une fois les vagues formées, la rugosité décroît à nouveau. Il est donc question d'une surface de rugosité variable (on trouve le même phénomène dans les zones couvertes d'une couche de neige d'épaisseur variable).
En règle générale, en mer, la rugosité de la surface de l'eau reste très faible et les obstacles au vent presque inexistants.

Lors des calculs du potentiel éolien offshore, il faut tout de même tenir compte des îles, des phares, etc. de la même façon que l'on doit considérer les obstacles se trouvant dans la direction des vents dominants ou les changements de rugosité du terrain lorsqu'il s'agit d'évaluer un site éolien terrestre.

Faible cisaillement

le cisaillement du vent est lui aussi très faible, ce qui signifie que l'on n'obtiendra pas, comme c'est le cas pour l'éolien terrestre, une augmentation significative de la vitesse du vent en augmentant la hauteur du moyeu. Par conséquent, en mer, il peut s'avérer plus économique d'utiliser des tours d'une hauteur moins élevée que sur terre (environ 0,75 fois le diamètre du rotor suivant les conditions sur le site en question) alors que la hauteur des tours installées sur la terre ferme est égale à 1 diamètre de rotor au minimum.

Peu de turbulences

Généralement le vent est moins turbulent en mer que sur terre car les variations de température entre les différentes altitudes de l'atmosphère sont moins importantes au-dessus de la mer qu'au-dessus de la terre, les rayons du soleil pénètrent dans la mer sur plusieurs mètres, alors que sur la terre ferme, le rayonnement solaire ne chauffe que la couche supérieure du sol qui devient donc beaucoup plus chaude.

Le vent étant moins turbulent, la durée de vie espérée des éoliennes offshore est supérieure à celle des éoliennes terrestres.

Installation

L'installation d'éoliennes offshore nécessite l'utilisation de navires particuliers

Projets offshore

Le parc éolien de Vindeby, le premier parc éolien en mer au monde, a été construit en 1991 par le fabricant danois Bonus (devenu Siemens Power Generation). Le parc de Nysted, un des projets les plus récents, est aujourd'hui le plus puissant parc éolien offshore avec 72 éoliennes et une puissance maximale de 165,6 MW. Voir aussi le projet de Parc éolien de Belwind en mer du Nord et celui de Horns Rev.

Aujourd'hui de grands parcs offshore sont en construction au large de l'Angleterre voir le projet London Array dans la baie de la Tamise, ainsi qu'en Écosse pour une puissance d'environ 4000 MW au total.

En France, la Compagnie du vent a annoncé en novembre 2006 son projet de parc des Deux Côtes, un ensemble de 156 éoliennes totalisant 702 MW, à 14 km au large de la Seine-Maritime et de la Picardie. En Angleterre, le consortium London Array a un projet à 20 km de l'embouchure de la Tamise, qui représenterait 271 turbines pour une puissance allant jusqu'à 1 000 MW. Avec le projet additionnel de Thanet, c'est maintenant 1 800 MW qui devraient être installés dans l'estuaire de la Tamise. Le projet britannique de Triston Knol fera quant à lui 1 200 MW.

A travers l’arrêté du 7 mars 2003 de Programmation Pluriannuelle des Investissements, le gouvernement français s’est fixé un programme de réalisation de centrales éoliennes en mer pour une puissance totale de 500 à 1 500 MW à l’horizon 2007.

  • Le parc de Greater Gabbard au Royaume-Uni, d'une capacité de 504MW, 140 turbines, seront installées

Voir aussi

Liens externes